La taille d’un arbre fruitier favorise la floraison puis la production de fruits. Pour obtenir de bons résultats, les périodes de taille doivent être respectées en fonction de l’espèce et de l’âge du fruitier. Le bon usage d’outils soigneusement sélectionnés et préalablement désinfectés permettra des tailles saines, propres et nettes.

La taille de l’arbre fruitier mène au port désiré. Choisis selon la place disponible, les différentes conduites et palissages déterminent sa forme : cordon horizontal, palmette en U — tous deux simples ou doubles —, et éventail permettent d’obtenir une forme dirigée. La taille en espalier est idéale pour créer une haie gourmande. La taille plein-vent donnera un aspect naturel à l’arbre fruitier. Pour tailler un fruitier, on utilise scie égoïne, sécateur et autres cisailles après avoir passé les lames à l’alcool afin de tenir les végétaux à l’abri d’éventuelles parasites et maladies.

A chaque âge, l’arbre se taille de différentes façons. Pour un jeune arbre, la taille de formation aide à équilibrer sa charpente : suppression de branches croisées ou doubles au bénéfice de branches manquantes. Rabattre toujours au niveau d’un bourgeon orienté vers l’extérieur. Un bon rabattage favorise l’ensoleillement entre les branches, homogénéise la répartition de la sève, évite la mise à fruit à bout de branches. Après cette taille de formation, l’arbre s’organisera de façon naturelle pendant quelques années sans qu’il soit nécessaire d’intervenir annuellement. Un vieil arbre apprécie une taille douce pour éclaircir ou désépaissir sa ramure grâce à l’élimination des bois morts, brindilles excessives et branches rompant l’équilibre. Rajeunir ensuite pour favoriser les jeunes branches fruitières, simplifier en rabattant les grosses branches, réduire en raccourcissant les rameaux.

Voyez comme le vocabulaire concernant l’arbre du verger est riche ! L’œil à bois est un bourgeon annonçant les futurs rameaux stériles. Le bouton floral donne fleurs et fruits. Le dard donne naissance à un bouton floral. Couper très près du dard permet une parfaite irrigation par la sève et donc une mise à fruit. La lambourde se situe sur un rameau court et porte le fruit. Au même titre qu’un bourgeon à fruit, la lambourde ne se taille pas. Renflement très charnu, la bourse génère, après les fruits, l’apparition de nouvelles lambourdes qui porteront d’autres fruits. Il convient de ne pas tailler la bourse. La branche charpentière constitue la charpente de l’arbre depuis un embranchement du tronc. C’est sur elle que croît le gourmand pour donner naissance à une nouvelle branche charpentière. On décidera donc de tailler l’un et l’autre ou de ne pas tailler, selon le type de charpente que l’on souhaite obtenir pour créer sa haie gourmande.

Enfin, le bourgeon du sommet d’une branche, bourgeon apical, génère et profite pleinement des hormones et nutriments qui permettront sa fortification et son parfait développement. C’est le cas du bourgeon à bois à garder sur un jeune arbre fruitier parce qu’il donne une branche et des feuilles, et du bourgeon à fleurs que l’on gardera plutôt sur un vieil arbre fruitier afin qu’il donne fleurs et fruits. On ne doit donc pas supprimer ce type de bourgeon afin de permettre ce que l’on nomme la dominance apicale.

– La taille d’hiver est réservée aux arbres à pépins en dehors des périodes de gel : opération incontournable pour obtenir l’année suivante une production abondante de fruits d’excellente qualité. Réduire la longueur des branches redonne vigueur aux arbres fruitiers.

– La taille d’un arbre adulte où il convient de supprimer les bourgeons à bois et de conserver les bourgeons à fleurs puisque ce sont eux qui donneront des fruits. La taille implique une observation consciencieuse des bourgeons afin de ne pas commettre d’impairs. Le bourgeon à bois, pointu et allongé, se développe intimement serré à la branche. Quant au bourgeon à fleurs, arrondi et trapu, croît perpendiculairement à la branche. L’élimination des bois malades ou morts est indispensable.

Notons qu’il est important de respecter la floraison d’un arbre fruitier – et donc ses bourgeons à fleurs – car c’est d’elle que dépendra la production. Durant la floraison, grâce à la pollinisation, la fécondation se produit. S’ensuit la métamorphose du pistil : la pomme est le résultat du développement de l’ovaire. Celui-ci a lieu après la chute des pétales. Le péricarpe de la pomme n’est autre que la paroi de l’ovaire.  En fonction de ses transformations naîtront les différentes variétés de pommes.

En août-septembre a lieu la taille des arbres à noyaux. Une taille tardive de ces fruitiers engendrerait une mauvaise cicatrisation. Celle-ci est facilitée par l’application d’un mastic spécifique. La coupe doit être faite en biseau pour empêcher l’eau de stagner sur la plaie, susceptible de favoriser des maladies. Contrairement aux arbres à pépins, les arbres à noyaux seront taillés généreusement pour donner naissance à de nouveaux rameaux sur lesquels se développeront les fruits.

Si la taille favorise la production de fruits, il faut aussi penser à choisir les arbres fruitiers en fonction de leur mode de pollinisation. Les arbres fruitiers auto fertiles n’ont nul besoin d’un autre arbre pour donner une bonne récolte. C’est le cas des cerisiers à griottes par exemple. En revanche, une fécondation par une autre variété est parfois nécessaire. Pensez à vous renseigner pour être certain de pouvoir savourez vos récoltes !

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